Non à l’initiative sur l’alimentation



COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Initiative sur l’alimentation : pour une sécurité alimentaire réaliste

Savièse, le 26 août 2026 — Le comité de soutien valaisan du « Non à l’initiative sur l’alimentation » appelle la population valaisanne à voter NON le 27 septembre à l’initiative sur l’alimentation. Il partage l’objectif de renforcer notre sécurité alimentaire, mais porter l’auto-approvisionnement à 70 % en dix ans est irréaliste et risque de fragiliser notre agriculture, notre économie et la liberté de choix des consommateurs.

Jérôme Desmeules, UDC, rappelle que l’autonomie alimentaire ne se résume pas à un pourcentage. Le Valais est un canton de montagne, où une grande partie des surfaces agricoles est constituée de prairies et d’alpages. On ne transforme pas un alpage valaisan en champ de céréales ou de légumes par un article constitutionnel. L’élevage permet de valoriser ces surfaces et de produire du lait, du fromage et de la viande. Réduire fortement les cheptels fragiliserait les familles paysannes, les filières locales et l’entretien des alpages. L’UDC défend un objectif réaliste d’au moins 60 %, en misant notamment sur la protection des terres cultivables, l’agriculture de montagne, l’irrigation, le stockage et la réduction de la bureaucratie.

Christophe Roduit, PS, souligne que les objectifs climatiques et la protection de la biodiversité nécessitent de faire évoluer notre agriculture et notre alimentation. Mais atteindre 70 % en dix ans pourrait conduire l’État à influencer les habitudes alimentaires par des campagnes, des incitations économiques ou de nouvelles exigences dans la restauration collective. Les consommateurs doivent conserver leur liberté de choix, tout en bénéficiant d’une offre suisse diversifiée. Une politique agricole durable doit rester progressive, réaliste et adaptée à notre pays.

Christel Duc, PLR, met en garde contre les conséquences économiques. De nouvelles contraintes pourraient augmenter les coûts de production, réduire les rendements et fragiliser la rentabilité des exploitations. Le paradoxe serait alors de produire moins en Suisse et d’importer davantage. Le Valais compte environ 2’600 exploitations agricoles. En 2024, le rendement brut de l’agriculture valaisanne s’élevait à près de 298 millions de francs, dont 120 millions pour la viticulture. Derrière ces chiffres se trouvent des familles, des entreprises, des emplois et tout un tissu économique. Une agriculture durable doit aussi être économiquement viable.

Marianne Maret, Le Centre, rappelle que la sécurité alimentaire nécessite un système robuste, diversifié et résilient. Les familles paysannes ont besoin de stabilité, de perspectives et de temps pour investir. Notre agriculture doit tenir compte de la diversité des territoires et de la complémentarité entre productions végétales et animales. Les cultures sont principalement présentes en plaine, tandis que l’élevage valorise les régions herbagères et de montagne. Une transformation trop rapide déstabiliserait toute la chaîne, du producteur au consommateur. En mars 2026, le Conseil national et le Conseil des États ont rejeté l’initiative à l’unanimité.

Vincent Rotent, Le Centre, agriculteur à 900 mètres d’altitude, témoigne : « À 900 mètres d’altitude, une prairie n’est pas un champ de blé. » Les prairies sont une ressource essentielle de l’agriculture de montagne. Les agriculteurs investissent sur plusieurs décennies et ont besoin de stabilité, de confiance et de temps, plutôt que de changements de cap successifs.

Dire NON à cette initiative, ce n’est pas dire NON à la sécurité alimentaire. C’est défendre une agriculture capable de produire dans toutes les régions, de valoriser les ressources disponibles et de rester économiquement viable. C’est faire confiance à celles et ceux qui connaissent leur terrain et permettre à notre agriculture d’évoluer progressivement et durablement.

Le 27 septembre, disons NON à cette initiative alimentaire irréaliste.

Oui à une agriculture forte, diversifiée et durable. Oui à la liberté de choix.